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 i ain't sorry.

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Mariko
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MessageSujet: i ain't sorry.   Dim 15 Juil - 13:49


Sorry, I ain't sorry
I ain't thinking 'bout you

Elle passe de sas en sas, espaces confinés, contrôles, détecteurs. C'est la première fois que Poppy franchit ces portes, derrière lesquelles ont été détenus plusieurs de ses voisins, camarades et amis, sans jamais qu'elle n'ait osé affronter les étapes qui les séparaient. C'est un mur épais et haut, un mur lisse, sans aspérités et sans ouvertures. Il fait partie du paysage du quartier, comme un bâtiment comme un autre. Comme s'il avait toujours été là. Depuis six ans désormais, chacun de ses passages devant la bâtisse est marqué d'un pincement au cœur, car elle sait qu'en son sein réside l'homme qu'elle a aimé, le père de sa fille. Mickey y était en détention depuis tout ce temps, et jamais elle n'avait eu l'envie - la force, aussi - de se confronter à son regard entre ces quatre murs. Mais aujourd'hui, elle s'est faite violence, consciente de sa sortie imminente. Elle ne saurait dire pourquoi, pourquoi elle a choisi ce quinze juillet pour enfin franchir la barrière, aussi bien physique qu'invisible, qui les sépare l'un de l'autre. Ça ne date pas de son emprisonnement ; c'est plus ancien, plus ancré. Sa rancune remonte doucement, dans les poings, dans la gorge. Il les a abandonnées, Gemma et elle, pour aller se faire emprisonner derrière des barreaux d'acier. Respire. Être ici, c'est faire un pas vers lui. Pas une main tendue, mais un premier contact.

Ça fait six ans qu'elle ne l'a pas vu, et là, face à la vitre qui va le voir apparaître sous peu, Poppy sent ses mains devenir moites. Qu'est-ce qu'on dit à l'homme de sa vie, après l'avoir ignoré pendant six ans ? Elle ignore à quoi s'attendre, elle connaît par contre son visage, mais celui de l'homme qu'il était à vingt-cinq ans et non plus à la trentaine passée. Alors elle patiente, jusqu'à ce qu'elle voie sa silhouette apparaître en tenue de criminel. Inspire, expire, profondément. Elle n'est pas prête. Envie de fuir, mais c'est trop tard. Il est face à elle, ses yeux bleus vifs plantés dans les siens. Les traits sont tirés, mais au fond il n'a pas changé.

« Hi, Mickey. » Elle ne sait plus ce qu'elle fait là, ne sait pas quoi dire, les yeux baissés sur ses mains qui s'entremêlent nerveusement. Poppy relève le regard.
« How are... things ? » Elle demande, léger sourire crispé au bord des lèvres, pour une question ordinaire qui sonne pourtant faux.

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Dernière édition par Poppy Briscoe le Lun 27 Aoû - 21:54, édité 4 fois
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Patchulea
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MessageSujet: Re: i ain't sorry.   Dim 22 Juil - 17:32


Sorry, I ain't sorry
I ain't thinking 'bout you

Dix-sept jours, cinq heures et vingt trois minutes. Dix-sept jours, cinq heures et vingt trois minutes le séparaient de la liberté ; celle qui lui permettrait enfin de dormir dans ses propres draps, d’utiliser son temps comme il le voulait et surtout, surtout, de pouvoir manger des plats qui n’avaient pas tous le même putain de goût de poireau trop cuit. Mickey laissa tomber le contenu non identifié de sa fourchette sur son plateau en plastique, l’air vaincu. Dix-sept jours, cinq heures et vingt deux minutes qui le séparaient d’un hamburger dégoulinant de chez Mitch et d’une pinte de Guinness. Alors qu’il fermait les yeux un court instant, comme pour rassembler ce qu’il lui restait de courage, on lui tapa sur l’épaule. « Sullivan. You’ve got a visitor. Room B. » Sans plus de cérémonie, le gardien s’éloigna vers un autre prisonnier de la cafétéria. Mickey pris cinq minutes supplémentaires pour terminer son déjeuner, sans grande conviction : le temps tournait au ralenti lorsqu’on était enfermé toute la journée entre quatre murs. Si on avait la chance d’avoir quelque chose d’intéressant à vivre dans sa journée, mieux valait en savourer chaque minute sans se précipiter.

« You’ve got 20 minutes. You know the drill. » Pas de gestes brusques. Parler doucement. Interdiction de donner quoi que ce soit à son visiteur. Interdiction de recevoir quoi que ce soit. Pas de contact physique prolongé. Qu’est-ce qu’ils croyaient exactement, qu’il allait embrasser son frère à pleine bouche? Alors que Mickey patientait dans le couloir d’attente, un gardien bedonnant soufflant comme un boeuf dans sa nuque, il s’interrogeait quand même sur le soudain changement d’emploi du temps de son frère cadet. Jamie était celui qui lui rendait le visite le plus souvent et le plus régulièrement, le jeudi matin, son jour de repos. Et lorsqu’il avait d’autres visiteurs, ceux-ci prenaient généralement la peine de le prévenir à l’avance par téléphone. Ils n’en avaient pas besoin, pourtant : ce n’est pas comme si Mickey Sullivan avait eu un seul empêchement durant ses six dernières années. Mais qu’est-ce que Jamie pouvait bien venir foutre ici un mardi après-midi? Il sentit une légère anxiété crisper ses poings, enfoncés dans les poches de son jogging gris d’uniforme. A tous les coups, Baz s’était encore fait chopé. Ou Killian avait… - La porte métallique s’ouvrit soudainement, accompagnée d’un signal sonore désagréable. Mickey fit quelques pas dans le couloir vitré désormais familier, et entra dans la salle de visites B. Sur le seuil, il embrassa la pièce d’un regard, cherchant les yeux bleus et la coupe en brosse de son petit frère au milieu des parents, des petites amies, des soeurs, des amis attablés avec ses compagnons de galère. Il lui fallu quelques secondes avant de réaliser qu’elle était plantée là, au fond, près de la fenêtre. Son cerveau avait probablement du mal à accepter l’idée qu’elle était bien là, dans ce décor, pour la première fois depuis son incarcération. Il sentit presque instantanément l’amertume le gagner, et fit tout son possible pour la réprimer, dans un rictus, en s’avançant lentement vers Poppy.

« Hi, Mickey. » Il sentait dans sa voix un excès de douceur, et de la nervosité. Oh, elle savait qu’il lui en voulait. Elle le savait. Il tira la chaise en métal à lui dans un crissement, s’y assit et croisa ses doigts sur la table, les articulations toujours raides. Il lui fallu quelques secondes de plus pour enfin soutenir son regard : il espérait bien qu’après toutes ses années, elle savait toujours aussi bien lire dans ses yeux. Parce qu’il avait la mâchoire serrée, et allait avoir besoin d’un peu plus de temps pour rassembler son calme et ne pas lui aboyer dessus. Six ans. Ca faisait soixante-douze mois. Trois-cents douze semaines. Trois-cents douze opportunités de venir rendre visite au père de sa fille. Alors qu’il faisait ses comptes - il ne pouvait pas s’en empêcher, c’était son truc, les chiffres - sans la lâcher du regard, elle risqua finalement un « How are... things ? ».

Il ne réussit pas à réprimer un froncement de sourcil et un petit sourire moqueur devant le ridicule de la situation. Il fit un geste en direction de ce et ceux qui l’entouraient et répondit sans chercher à cacher l’animosité et le sarcasme dans sa voix : « Oh you haven’t heard? I’m living my best life. » Il rassembla à nouveau ses poings sur la surface froide de la table en acier et alors qu’il aurait voulu laisser Poppy se démener pour répondre quelque chose à son attaque toute légitime, il ne put s’empêcher d’ajouter, dans la foulée : « What about you Poppy? I guess you’ve been pretty busy this past six fucking years, uh? » Oh, elle allait regretter d’être venue.

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Dernière édition par Patchulea le Dim 2 Sep - 15:31, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: i ain't sorry.   Dim 22 Juil - 23:36

Il passe la porte, mâchoire crispée et poings serrés dès que leurs yeux se rencontrent. C'est comme un choc, une décharge électrique dans sa poitrine, un coup plus violent qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Alors, elle se demande pourquoi elle est là, en réalité. A seulement quelques semaines de sa sortie désormais, quel besoin presque malsain elle avait eu, d'enfin rendre visite à Mickey, son meilleur ami d'enfance, son amour adolescent et le père de sa fille. Tout ça à la fois, balayé par le temps qui les a rendus, tous deux, un peu différents de qui ils étaient lors de son départ.

Mickey s'installe à la table laissée vide, au milieu des autres proches rassemblés durant les vingt minutes qui leur sont accordées. L'émotion est palpable chez ces parents retrouvant leur fils et ces femmes face aux visages de leurs maris. Entre Poppy et Mickey, pourtant, l'émotion prend la forme non pas de larmes, mais d'une boule dans la gorge et de muscles tendus, comme si l'intégralité de leurs corps étaient aux aguets, prêts à bondir l'un sur l'autre à la moindre parole de travers, au premier mot balancé comme un couteau. Toujours debout, bras croisés, elle toise Mickey, attendant ses remontrances, prête à dégainer en retour.

« Oh you haven’t heard? I’m living my best life. » Il lâche, sarcastique, n'arrachant à Poppy que des yeux levés au ciel. Elle le connaît trop bien pour s'emporter à la première remarque de sa part - et peut-être qu'elle s'y attendait un peu, au fond. Parce qu'il n'a pas entièrement tort. « What about you Poppy? I guess you’ve been pretty busy this past four fucking years, uh? »
Sur son visage se dessine un fugace sourire crispé, alors qu'elle vient s'installer à la table. Face à face, comme ils ne l'ont pas été depuis quatre ans. Ses traits sont tirés, mais son regard n'a rien perdu de son intensité. Silencieusement, elle est soulagée de le voir aussi agressif ; la prison n'aura pas réussi à avoir raison de son sale caractère.

« Well indeed, Mickey, I have been busy. You know... raising our child, maybe ? » Car quels que soient ses griefs, Poppy en a aussi, et elle ne compte pas le laisser lui imposer toute la responsabilité de leur difficile situation. C'est elle qui, depuis quatre ans, assume seule la vie quotidienne de leur fille, jonglant entre son job de serveuse la nuit et ses occupations de mère le jour. Elle, qui, à peine âgée de vingt-neuf ans, a passé les dernières années à effacer Poppy Briscoe, au profit de Gemma Sullivan. Elle soupire, contrariée. « Look, I didn't come here to fight with you. Actually, I don't know why the fuck I came here. I guess... I just wanted to se you. We miss you, back home. » Et dans ce we, il y a elle, malgré son attitude distante et son absence remarquée.

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MessageSujet: Re: i ain't sorry.   Dim 2 Sep - 16:17


Sorry, I ain't sorry
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Il la regarde prendre place sur la chaise froide, son genoux remuant nerveusement sous la table et le menton défiant. C’était la première fois qu’il voyait la mère de sa fille en six ans et pourtant, il suffisait d’un échange de regard pour que les vieux réflexes refassent surface. Les premiers mots qu’elles lui avaient adressé étaient emprunt d’une prudence qu’il ne lui connaissait pas. Lui qui ne prêtait que rarement attention à ce genre de chose, il avait aussi remarqué que ses yeux étaient moins maquillés ; l’épais trait d’eye-liner qu’elle arborait quotidiennement avait disparu, lui donnant un air plus doux.

Mickey fut brusquement rappelé de sa demi-seconde d’observation : « Well indeed, Mickey, I have been busy. You know... raising our child, maybe ? » Il haussa les sourcils sans se départir de son expression désabusée, sincèrement surpris par la mauvaise foi de la réponse. « Are you being seriou- ?! » « VOLUME, Sullivan. » Il avait haussé la voix et on pouvait distinctement reconnaître le léger accent irlandais qui teintait traditionnellement ses élans de colère. Il ne lui avait pas vraiment donné d’autre porte de sortie, il fallait bien l’avouer. Ni elle ni lui n’étaient doués pour admettre leurs tords. Il n’aurait donc pas été étonnant que Poppy utilise Gemma contre Mickey si leur fille n’était pas elle-même venue à de nombreuses reprises lui rendre visite au cours des six dernières années. Poppy en était-elle seulement au courant? Il pouvait difficilement en être autrement, puisqu’elle y était amenée par Josie, la mère de Poppy. Il brûlait d’envie de lui rétorquer que Gemma semblait plutôt avoir été élevée par sa grand-mère, ces dernières années… mais les mots qui se formaient dans son esprit restaient bloqués dans sa gorge. Il la fixa sévèrement dans les yeux, espérant qu’elle prenne conscience de ce qu’elle venait de lui envoyer à la figure.

Il aurait aimé que pour changer, ils puissent vraiment se parler. Mais ça n’avait jamais été comme ça entre eux. Lui-même n’aurait pas sû comment s’y prendre. Ils avaient passé des heures, des semaines, des mois, des années à se tenir compagnie, à créer des souvenirs ensemble, à parler d’à peu près tout et d’absolument rien… et étaient bien incapables d’aligner deux mots sincères lorsqu’il s’agissait des choses vraiment importantes. La lassitude et l’inquiétude s’installèrent brièvement dans le creux du ventre de Mickey quand il pensait à Gemma qui semblait garder le cap, gamine résiliante à la tête froide qui ne pouvait ni compter sur un père taulard ni sur une mère démissionnaire.

L’énergie de leur coin de pièce avait doucement changée. « Look, I didn't come here to fight with you. » Il desserra ses phalanges et passa ses mains sur son visage en soupirant.  « Actually, I don't know why the fuck I came here. I guess... I just wanted to see you. We miss you, back home. » We miss you. Elle ne savait même pas comment lui dire qu’il lui avait manqué, à elle. Est-ce qu’il lui avait manqué, à elle? Elle, Poppy Briscoe, pas elle, la mère de Gemma Sullivan? Jaimie lui avait raconté avoir croisé Poppy en compagnie d’autres hommes, au cours des dernières années. Mickey lui avait demandé de cesser de lui rapporter ces informations mais il avait persisté ; sans doute savait-il que quelques nouvelles étaient mieux que rien. Il savait que Poppy ne lui devait rien - elle avait été très claire là-dessus à de nombreuses reprises. Il aurait aimé qu’elle fasse au moins semblant d’en avoir quelque chose à faire de lui. Si il avait eu un peu plus de cran, il lui aurait dit qu’elle, elle lui avait manqué. Mais comme à l’accoutumée, sa déclaration pris la forme d’un reproche : « I want to now why the fuck you didn’t come, Pops. » qu’il répondit simplement, sans parvenir cette fois à cacher sa déception sous son dédain habituel.

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MessageSujet: Re: i ain't sorry.   Lun 10 Sep - 12:43

Il monte le ton, Mickey, rapidement rappelé à l'ordre par le gardien dont Poppy avait oublié l'existence, tout à sa concentration sur l'homme qui lui fait face. Sa colère est légitime, et elle le sait ; pourtant, elle ne compte nullement ployer sous le poids de la culpabilité, et maintient le même visage fermé, bras croisés. Les traits de Mickey sont tirés : la coupe très courte et les joues amaigries ne font qu'accentuer sa mâchoire resserrée par la tension. Voilà son quotidien, pense Poppy, non sans une pointe de honte. Elle savait ce qui l'attendait en venant ici, mais c'est comme une claque en plein visage, la brutale réalité qui frappe quand on ne l'attend plus. Elle ne pensait pas être aussi affectée par sa vue, ses mots, par lui. Mais voilà, c'est le cas, et bien souvent, la seule défense de Poppy, c'est l'attaque. Mais ici, elle finit par admettre le manque à demi-mots, sans parler pour elle, mais au pluriel, comme si elle était une partie d'une entité plus grande dont elle serait la porte-parole.

« I want to know why the fuck you didn’t come, Pops. »
Pops. Ca résonne dans sa tête, écho d'un temps passé, d'une époque où ils pouvaient encore être amis. Les années passées ensemble, en bas des immeubles, l'adolescence, les filles qui tournent autour de Mickey et elle qui prétend n'en avoir rien à faire. Et puis la grossesse, cristallisant autour d'elle toutes les tensions et les non-dits de leur relation aux contours flous. Poppy soupire. Elle aimerait avoir une réponse à lui fournir, une réponse valable, de celles qui sonneraient juste, comme dans les films. Une musique douce, des retrouvailles vibrantes, voilà ce qu'elle voudrait, simplement. Pas de drame, Mickey. Des mots qu'elle a prononcé des années plus tôt, à l'annonce de la naissance à venir, et qu'elle aimerait aujourd'hui qu'on lui répète jusqu'à l'apaisement. Mais la vie n'est pas une comédie romantique, comme le rappel le cadre hostile de la prison.

« I don't know, Mickey. I've been busy. » Poppy bafouille, sachant très bien que cette réponse ne lui conviendra pas plus qu'elle lui convient, à elle. Elle soupire, les joues empourprées par tous les mots qui circulent, ceux que sa bouche émet et ceux que son cerveau formule mais qui ne passent pas ses lèvres. Dans un souffle, elle finit par lâcher : « I think I was scared. To see you, like this. I was afraid of not knowing what to say, somehow. I never liked problems, you know what. I never thought of lives would turn out to be so... messy. » Ces phrases là, elle ne les a pas préparées. Elle s'est adoucie soudain, mettant de côté toute sa rancune pour laisser ses émotions s'engouffrer par une brèche infime. Les années ont passé, et ces mots, elle aurait été incapable de les prononcer six ans plus tôt. C'est peut-être ça, grandir, elle se dit en silence.

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MessageSujet: Re: i ain't sorry.   

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