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 blue moon, you saw me standing alone.

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Mariko
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MessageSujet: blue moon, you saw me standing alone.   Ven 19 Oct - 22:23



BLUE MOON
you saw me standing alone.
+++
Elsie & Tommy
The Hills, Hollywood, 1974

L'heure est déjà tardive quand Thomas - Tommy - se décide enfin à prendre le chemin de la soirée à laquelle il est convié (non sans avoir au préalable enfilé un pantalon et une chemise, remplaçant avantageusement le bas de pyjama, en bonne voie de devenir sa seule et unique tenue, de jour comme de nuit). La nuit est avancée, et la soirée sera peut-être déjà désertée ; c'est le seul moment où il tolère la présence d'autrui, semblerait-il, comme un animal nocturne, tapi dans son antre jusqu'à la tombée du jour. L'heure où les gens biens dorment, et où seuls sont encore éveillés fêtards et insomniaques. Depuis quelques mois, Tommy a quitté la première catégorie pour se reconnaître dans la seconde, dont il est venu grossir les rangs. Les valises qu'il traîne sous les yeux, la constante odeur de tabac froid, d'alcool ou de café qu'il porte sur lui et dont il ne parvient à se défaire et son regard hagard ne trahissent pas. On parle, on parle, de sa disparition crépusculaire. On dit, dans le milieu - son milieu, fait d'étoiles et de désillusions - qu'il n'est plus que l'ombre de lui-même, et il ne saurait démentir. Pour certains, la soirée à laquelle il est convié est de celles où il faut être vu, rassemblant tout le gratin du milieu, allant de producteurs aux mœurs douteuses aux actrices les plus en vue du moment. Pour Tommy, ce n'est rien d'autre que l'occasion de picoler à l’œil, et peu lui importe d'être reconnu en piètre position. A cette heure-ci, la foule sera partie, et seuls resteront les plus ivres et les plus hargneux, ceux qui ne quitteront pas les lieux sans un numéro de téléphone, un contact, un pied dans le business. Ça le dégoûte, Tommy, qui n'a pas répondu à un seul appel professionnel depuis des jours (ni personnel, pour ce que ça vaut, car la seule personne cherchant encore à le joindre est celle qui sera bientôt son ex-femme, mais vous comprenez, il n'a pas signé les papiers, alors elle le harcèle et il sait bien qu'elle a raison mais voilà, il n'arrive pas à s'y résoudre).

Sunset Boulevard. Il traverse la plus célèbre allée de Los Angeles dans son cabriolet, il roule trop vite, un main sur le volant, l'autre tenant une clope qu'il porte de temps en temps à sa bouche. Sous ses yeux, la cité des anges se déroule, éclairée des néons des lampadaires et des enseignes dont elle se pare toutes les nuits. Les routes, longilignes, se croisent en parfaits angles droits, austères, arrogantes et impossibles à identifier pour quiconque ne les connaît pas. Enfin, il finit par atteindre les routes plus sinueuses qui mènent vers les collines et les belles villas hollywoodiennes, où la fête battra jusqu'au point du jour. Il se gare devant la propriété, vérifiant rapidement l'adresse. Sa montre indique minuit trente ; l'heure parfaite. Tommy ouvre la boîte à gants, dans laquelle il glisse sa main pour saisir la flasque de whisky qui y est dissimulée. Il en boit plusieurs gorgées, savourant le liquide brûlant. Il se racle la gorge, repose la bouteille de poche et quitte le véhicule pour s'aventurer vers la maison d'où émane un morceau de jazz. Les hôtes semblent rassemblés autour de la piscine, vers laquelle il se dirige promptement, tout en tentant de se souvenir du nom - et du visage - de l'organisateur de la soirée. Sans succès.

Tommy s'approche du bar, alors que Billie Holiday entonne blue moon dans les enceintes. Quelques instants plus tard, c'est un whisky (neat) entre les mains qu'il observe brièvement les membres de l'assistance, reconnaît quelques visages sans avoir envie de discuter avec aucun. C'est donc avec pour seule compagnie la voix de la chanteuse qu'il entame son verre, comme un personnage que l'on aurait posé là sans bien savoir pourquoi.

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Patchulea
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MessageSujet: Re: blue moon, you saw me standing alone.   Dim 4 Nov - 14:07

Et là voilà à nouveau sur le trottoir, son grand sac en tissu à ses pieds. Elle soupire, et se résout à fumer la dernière cigarette de son paquet - celle qu’elle économisait depuis ce matin. Résignée, elle s’assoit à même le sol, sur le béton encore chaud : le soleil vient de se coucher sur la Californie mais l’air lourd de la journée flotte encore dans la rue. Dans le pavillon miteux derrière elle, le bruit sourd d’un objet qui tombe sur la moquette se fait entendre. Elsie en est persuadée : Suzanne vient certainement de détruire la dernière lampe qu’il leur restait, tout ça pour une partie de jambe en l’air avec son producteur quinquagénaire. Ce n’est pas la première fois que Elsie se fait mettre dehors par sa colocataire ; elle pourrait même se montrer reconnaissante que Suzanne l’ai prévenu, cette fois. Elle se souvient de cette nuit où elle avait été réveillée par un directeur de casting lubrique et passablement drogué qui, dans la pénombre, et pendant que sa colocataire était allée dans la salle de bain, s’était collé contre elle, sans son propre lit.

Tout en exhalant une bouffée de fumée acre, elle contemple le sac informe à côté d’elle. Elle commençait à être douée pour ces sorties improvisées, sans savoir si c’était une bonne chose ou au contraire, un aveu d’échec pathétique. La besace contenait quelques affaires de toilettes, une culotte, des pinces à cheveux, la petite robe bleue un peu transparente qu’elle avait empruntée à Suzanne et, bien entendu, une jupe noire très courte et sa chemise blanche, qu’elle n’avait pas eu le temps de laver depuis la dernière fois. Après quelques minutes, elle écrasa le reste de sa cigarette sous son talon, se releva, et se mis à marcher.

* * *

Mis à part sa main qui s’était attardée un peu trop longtemps sur sa cuisse nue, son chauffeur de fortune avait été plutôt charmant. Il l’avait pris en stop alors qu’elle ne marchait que depuis un quart d’heure, et avait accepté de l’amener sur les hauteurs d’Hollywood sans hésiter : « Je connais plein de gens dans ce coin » avait-il prétexté - sa chemise premier prix en polyester et sa décapotable vieille d’une petite décennie disaient le contraire. Elle avait d’abord eu peur que l’homme insiste pour l’accompagner à la soirée. Arrivés devant l’immense portail de la villa imposante, il s’était vite dégonflé et lui avait laissé son numéro de téléphone en lui faisant promettre de l’appeler la prochaine fois qu’elle aurait besoin d’un chauffeur - yeah right.

La suite se déroula sans encombres, les méthodes d’Elsie commençaient à être éprouvées. Elle s’était changée derrière un buisson, où elle en avait profité pour cacher le reste de ses affaires. Elle se présenta devant l’homme qui gardait l’entrée de la propriété en chemise blanche, jupe noire et noeud papillon autour du coup - elle avait surpris juste à temps un employé du service traiteur, lui permettant de préciser son déguisement. Ses longs cheveux emmêlés avaient été rassemblés dans un chignon serré, et la petite robe bleue était roulée en boule dans une besace plus petite. L’illusion avait fonctionné ; ce soir là, le vigile n’était pas particulièrement zélé, elle n’avait même pas eu à faire usage de son faux permis de conduire. Avec des talents d’actrice pareils, comment était-il possible qu’elle ne décroche pas plus de rôles?

Elle se rendit aux toilettes pour changer de tenue, s’attardant dans la salle de bain en marbre noire décorée avec un goût discutable. Un peu d’ombre à paupière, une touche de rouge à lèvre irisé, quelques gouttes de son parfum au néroli au creux de la poitrine. Cela devrait suffire à trouver un lit où dormir cette nuit.

La soirée pris sa tournure habituelle. Elsie riait aux blagues des hommes qui l’accostaient, se laissait enserrer par la taille ou par les épaules. Elle accepta un petit cachet jaune sans savoir ce que c’était - si cela lui permettait de faire passer la nuit plus vite, tant mieux. Elle glissait ça et là qu’elle était aspirante actrice, sans y mettre beaucoup de conviction : Suzanne lui répétait qu’elle devait se saisir de chaque opportunité - you don’t know who you can meet in these kinds of places! - mais ce soir, elle avait laissé la lassitude la gagner. La nourriture lui paraissait particulièrement insipide, les hommes lents et lourds, les nymphes à leurs bras, fades. Peut-être était-ce le cachet qui la rendait morose, en plus de lui donner des jambes en coton et de brouiller sa vision.

* * *

Errant dans les différentes pièces de la villa toutes occupées par des invités s’adonnant à diverses… activités, Elsie fini par rejoindre la terrasse à la recherche d’un peu d’air frais. Toutes ces mains baladeuses, ses minauderies et ses battements de cils l’avaient épuisé. Elle s’arrêta quelques instant pour scruter le ciel, complètement dégagé ce soir là. Du jazz résonnait doucement autour de la piscine, couvrant à peine les quelques conversations qui s’attardaient à l’extérieur. La jeune fille s’avança vers le bar : « One Singapore Sling, please. » Malgré son champ de vision réduit par les substances qu’elle avait consommé dans la soirée, elle remarqua une main posée sur le bar. Lentement, elle remonta du regard le bras qui lui était rattaché, puis l’épaule… pour finalement être en mesure de détailler les traits du visage de l’homme à ses côtés. Sa mâchoire, son regard sombre, ses cheveux bouclé… ce visage lui était familier. Petit à petit, elle se remémora l’image de l’homme, roulant vers le soleil couchant dans sa Mustang volée, aux côté d’une belle créature comme seul Hollywood sait en produire. Crédits de fin. C’était un acteur.   Son hôte potentiel pour la nuit?

L’esprit embrumé, elle commence, d’une voix mielleuse : « Aren’t you the one…? Didn’t you play the…? » Ses paupières sont lourdes, elle sent la lassitude et l’impatience la gagner. Après avoir passé toute la soirée à faire les yeux doux à tous les hommes - et quelques femmes, elle termine brusquement, pour elle-même, dans un soupire : « Fuck, I can’t do this anymore tonight. » et englouti une grande gorgée de son cocktail.

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