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 like oil and vinegar ~ hyacinthe

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Patchulea
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MessageSujet: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Sam 1 Sep - 18:22



like oil and vinegar
HYACINTHE + GASPARO

L’air était lourd d’un étrange mélange de savon à récurer, de sueur et de fumée. L’heure du déjeuner commençait à approcher, Holston passait paresseusement la serpillère près du bar, et les danseuses venaient de terminer la répétition du nouveau numéro. Certaines s’attardaient sur scène, reprenaient quelques pas devant leurs collègues pour s’assurer que la cambrure de leur dos ou que le positionnement de leur pied étaient parfaits. Toute la revue reposait sur cette synchronisation millimétrée, ce soucis du détails. Sparo était fasciné par ces chorégraphies rythmées comme du papier à musique, et s’octroyait régulièrement une pause pour observer tout ce petit spectacle. Si l’on restait suffisamment longtemps pour voir et revoir les répétitions, encore et encore, n’importe quelle danse -  aussi festive soit-elle, prenait des airs de parade militaire.

Ecrasant sa cigarette dans un des cendriers du bars, il entreprit d’aider Gonzague à déplacer la cargaison de boissons du jour. A cette heure-ci, il n’avait de toute manière rien de mieux à faire.

« Je repasserai dans 3 jours, Holly. A très vite. » Cette voix peu familière stoppa Gasparo dans son action. Il se retourna vers la scène pour observer une ombre furtive sortir de derrière les rideaux, se dépêchant de gagner le petit escalier qui menait à la salle. Il reconnu la jeune femme ; ce n’était pas la première fois qu’elle mettait les pieds ici. Il n’avait pas retenu son nom - quelque chose d’un peu inhabituel, bucolique peut-être, qui tranchait avec la dureté de son regard - les rares fois où il avait réussi à le croiser, dans la pénombre du club. Il savait cependant qu’il ne l’aimait pas. La femme ne cachait pas son dégoût pour le lieu, et pourtant, elle traversait la pièce avec la désinvolture de ceux qui sont chez eux partout. Elle avait le privilège d’être invitée dans les coulisses deux ou trois fois par ses danseuses, et voilà qu’elle s’imaginait pouvoir entrer et sortir d’ici comme dans un moulin. Sparo se mit en travers de son chemin, alors qu’elle était visiblement décidée à quitter les lieux le plus vite possible. « Que se passe-t-il avec Holly? » lui lança-t-il sans autre forme d’introduction, l’air contrarié.

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MessageSujet: Re: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Sam 1 Sep - 18:52

Au fond de son atelier, Hyacinthe entreprend la préparation d'un mélange destiné à l'une de ses patientes, désireuse de traiter une douleur lombaire bien trop aiguë pour être supportable. Minutieusement, elle s'exécute, alliant dans un chaudron les ingrédients les plus improbables dans la préparation de ce remède, mêlant herbes médicinales et autres grigris dont elle seule a la connaissance. On toque à la porte d'entrée ; elle peste un peu contre celui qui ose l'interrompre, mais se dirige malgré tout vers la porte, traversant la pénombre qui inonde son domicile et qu'elle préserve jalousement. Hyacinthe n'aime rien de plus que cette obscurité dans laquelle elle se plonge, pour être toute à sa tâche, à la seule lueur du soleil qui traverse les persiennes et zèbre les surfaces sur lesquelles il vient se poser.
Elle adresse un regard peu avenant à l'importune venue la déranger, mais lui pardonne bien vite dès qu'elle ouvre la bouche. « Il y a un incident au Body and Soul, Holly a besoin de vous. » Hyacinthe attrape un panier renfermant son nécessaire, pare ses épaules d'un châle noir qui ne la quitte que rarement lors de ses sorties, et suit la messagère visiblement bouleversée. Les centaines de mètres les séparant du club semblent infinies. Elle connaît Holly - une danseuse à la santé précoce - et n'espère rien de grave. Les filles du club ne se préservent jamais, malgré les consignes strictes qu'elle tente de leur asséner à chacune de ses visites. Elle n'ignore pas que ce n'est pas de leur fait, et que d'autres pensent savoir mieux qu'elle ce qu'il en est. Évidemment, pour Hyacinthe, il n'en est rien.

Arrivée sur les lieux, elle suit sa guide à travers une porte dérobée. Toutes deux savent que les personnes de la direction n'aimeraient pas la voir là, et l'urgence est ailleurs. Elle trouve une Holly assise sur un tabouret dans sa loge, vêtue de son costume de danse, le genou visiblement endolori et gonflé. Hyacinthe palpe, masse, frictionne doucement d'un semblant de pommade conçu par ses soins. Elle administre la consigne à la jeune danseuse aux genoux fragiles : « Maintenant, c'est du repos pour cette jambe dont tu as besoin. Je repasserai dans 3 jours, Holly. A très vite. »

Hyacinthe se relève, lance son écharpe par dessus son épaule et entreprend une traversée du club, dont l'aspect diurne est bien moins reluisant que celui auquel tous aspirent chaque nuit.
« Que se passe-t-il avec Holly ? » Un inconnu lui barre le passage de sa silhouette imposante et de son ton froid. Hyacinthe hausse un sourcil face à tant de familiarité et de brusquerie. « Elle s'est blessée, voilà ce qu'il se passe. Il ne faut pas s'étonner, si vous ne les laissez pas se reposer. » Réplique-t-elle avec une attitude aussi hostile que celle à laquelle elle se confronte. « Par ailleurs, je me suis occupée de la soigner, si cela vous intéresse. Hyacinthe Emery, je ne crois pas que l'on se soit rencontrés. » lance-t-elle en le regardant droit dans les yeux, mais sans un sourire. Elle connaît ces hommes là ; prétentieux au possible, prétendus sauveurs de demoiselles en détresse.

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MessageSujet: Re: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Sam 1 Sep - 19:19

« Elle s'est blessée, voilà ce qu'il se passe. Il ne faut pas s'étonner, si vous ne les laissez pas se reposer. » Gasparo avait ouvert la bouche mais la jeune femme ne lui avait même pas laissé le temps de protester. « Par ailleurs, je me suis occupée de la soigner, si cela vous intéresse. Hyacinthe Emery, je ne crois pas que l'on se soit rencontrés. » L’homme pris une profonde inspiration par le nez, sans chercher à masquer son agacement. D’ordinaire, il prenait soin de se montrer tempéré avec ses collègues - et surtout, ses supérieurs. Mais Miss Emery n’était ni l’un ni l’autre, et pourtant elle s’adressait à lui comme s’il avait des comptes à lui rendre. Non, vraiment, Sparo n’aimait pas l’arrogance de cette femme qui n’avait rien à faire ici.

« Si vous souhaitez faire des reproches, vous pouvez les diriger vers Miss Atkins, mais je ne suis pas sûre qu’elle les accueille avec autant de patience que moi. » répondit-il sur un ton tranchant. Alors que son interlocutrice leva un sourcil et tourna la tête pour tenter de localiser la chorégraphe parmi les quelques filles restées sur scène, Sparo poursuivit : « En revanche, si vous souhaitez continuer à mettre les pieds ici, il faudra dorénavant que vous me rapportiez toute information relative à la sécurité des danseuses avec qui vous traitez. » Il croisa les bras, soutenant le regard de Hyacinthe, qui peinait pour ne pas grimacer. Sa posture, son expression… tout en elle trahissait qu’elle n’avait pas l’habitude qu’on lui donne des ordres. « Je suis Mr. Marchesi. » ajouta-t-il, sans prendre la peine de préciser son rôle ici - tout le monde savait qui il était, et il était persuadé qu’elle aussi, même si feignait l’inverse. Et généralement, si on ne le connaissait pas, son patronyme achevait de remettre les choses à leur place. Rares étaient ceux qui cherchait à se frotter aux Marchesi ; des étrangers ou des inconscients, généralement. Dans un coin de son champ de vision, Gonzague s’activait à empiler de nouvelles cagettes, et lui lançait un regard intrigué. Expéditif, il conclu : « Si cet arrangement ne vous convient pas, je m’assurerais personnellement que vous ne puissiez plus passer la porte de ce club. Ou mettre un pied dans cette rue. » Sparo jeta un oeil à sa montre puis au fond de la salle, pour signifier que le temps qu’il acceptait de lui consacrer touchait à sa fin, et qu’il avait mieux à faire. Il n’était pourtant pas au bout de ses peines.

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MessageSujet: Re: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Sam 1 Sep - 19:31

Hyacinthe ne peut contenir son agacement face à l'attitude de son interlocuteur. Manifestement irrité, il semble tenir à son petit morceau de pouvoir comme un chien à son os. Elle lève les yeux au ciel alors qu'il la noie de menaces. « Si vous souhaitez faire des reproches, vous pouvez les diriger vers Miss Atkins, mais je ne suis pas sûre qu’elle les accueille avec autant de patience que moi. En revanche, si vous souhaitez continuer à mettre les pieds ici, il faudra dorénavant que vous me rapportiez toute information relative à la sécurité des danseuses avec qui vous traitez. »
Lorsqu'il finit par se présenter sans même lui tendre une main à serrer, Hyacinthe connaît ce nom pour l'avoir bien trop souvent entendu. Le clan Marchesi était bien célèbre en ville – et d'une bien triste façon, au sens de la guérisseuse. Figure de proue de la mafia de la Nouvelle-Orléans, elle n'en est que moins surprise de son attitude, bien qu'ignorant sa fonction dans les locaux du Body and Soul ; certainement rien de reluisant, ne peut-elle s'empêcher de penser, au vu de son comportement envers les filles qui y travaillent.
« M. Marchesi. Croyez-bien que je n'en ai que faire, de vos attaques comme de votre nom. » Elle s'interrompt un instant, asseyant l'ampleur et l'implication de ses propos, qu'elle ne sait pas anodins. « Tant que des filles ici me solliciteront, je viendrai. Si vous croyez vraiment que travailler ici est une bonne chose pour elles, laissez-les au moins bénéficier des soins corrects que vous ne leur offrez pas. » Par soins corrects, Hyacinthe entendait évidemment les siens. Elle s'efforce de maintenir un ton courtois, malgré la colère sourde qui gronde en elle et la traverse, comme des ondes électriques parcourant tout son corps. Autour d'eux, le silence s'est fait, les laissant seuls au milieu des regards mi-surpris, mi-inquiets, des danseuses en fin de répétition.
« Après tout, je ne veux que leur bien, et ça devrait aussi être votre cas. Sans elles, vous ne seriez rien. » D'ailleurs, vous n'êtes rien, se retient-elle d'ajouter. Elle a une aversion profonde pour tous ces hommes, rois de leur petit monde mais aveugles à la douleur qu'ils infligent à d'autres pour leur satisfaction personnelle. Aveuglément, elle décrète que Gasparo en fait partie, sourde à tout argument qu'il pourrait avancer.

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MessageSujet: Re: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Sam 1 Sep - 19:32

« M. Marchesi. Croyez-bien que je n'en ai que faire, de vos attaques comme de votre nom. » Un silence s’abattit soudain sur la salle. Quelques murmures flottaient dans l’air ; les spectateurs de la conversation étaient conscients de la gravité des paroles que venait d’asséner la jeune femme. Gasparo, bien que surpris par sa verve, eut du mal à réfréner un sourire moqueur. Cette femme ne semblait avoir aucune idée du monde dans lequel elle évoluait. Il y a trois jours encore, un homme avait été retrouvé pendu à un des balcons en fer forgé de Bourbon Street, au petit matin. Tout le monde savait que la mafia était derrière tout ça. Miss Emery tenait-elle si peu à sa propre vie pour tenir tête de cette manière à un Marchesi?

Hyacinthe continua à se défendre, et prit à partie les danseuses, qu’elle savait spectatrices de leur conversation. Sparo jeta un regard vers la scène, irrité qu’on puisse diriger contre lui de telles accusations. Il n’était, certes, pas responsable de leur santé et de leur charge de travail. Pourtant, il avait été engagé pour s’assurer leur sécurité, pour la protection de leur intégrité physique ; il était devenu leur allié. C’est en tout cas comme ce qu’il s’imaginait, lorsque les filles venaient instinctivement vers lui, pendant ces longues soirées, pour l’avertir d’un incident, d’un homme un peu trop insistant ou trop ivre, d’une intrusion dans les coulisses ou d’une cheville tordue. Pourtant, il n’en demeurait pas moins un des bras droits de Mrs Green, la maîtresse des lieux, ce qui ne le plaçait ni vraiment du côté des opprimés, ni complètement du côté des oppresseurs. Lorsqu’il croisa le regard de quelques danseuses, certaines le fuirent, d’autres lui adressèrent un léger sourire contrit. Toutes demeurèrent silencieuses, attendant la suite.

« Après tout, je ne veux que leur bien, et ça devrait aussi être votre cas. Sans elles, vous ne seriez rien. » Quelqu’un lâcha une exclamation étouffée, quelque part derrière les rideaux. La mâchoire de Sparo se contracta ; il savait pertinemment que la pique que lui avait lancé son interlocutrice était calculée, calibrée pour le faire sortir de ses gonds. Les Marchesi étaient des hommes orgueilleux, c’était de notoriété publique ; s’attaquer à leur fierté était un jeu dangereux. Heureusement pour Miss Emery, elle avait en face d’elle le plus pragmatique des membres de cette grande famille. Gasparo laissa quelques secondes de silence s’immiscer entre eux puis, décroisant les bras, il lui répondit avec un sourire faux : « Miss Emery, nous souhaitons visiblement la même chose, à la différence près que j’ai véritablement les moyens de tenir mes engagements auprès d’elles. » Il jeta un regard de dédain sur la besace que transportait la jeune femme sur son flanc. « Vos tisanes et vos grigris font peut-être des miracles sur les foulures, les bleus et les migraines… mais ne croyez pas une seule seconde qu’ils puissent quoi que ce soit contre les vrais dangers auxquels sont exposées les filles ici, et contre lesquels je fais ma part. » Sous cette tension palpable, les danseuses avaient fait mine de reprendre leurs mouvements, distraitement. « D’ailleurs, ne croyez pas non plus que vos… potions vous protègent vous aussi contre les dangers qui pourraient croiser votre route. » La menace était à peine voilée. Mais cette conversation l’agaçait, il voulait en finir rapidement.

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MessageSujet: Re: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Sam 1 Sep - 21:13

Le sourire narquois qu'il avait vissé au visage n'en finissait plus d'irriter Hyacinthe, qui sentait bouillonner en elle bien plus de colère qu'elle ne voulait y laisser paraître. Il ne s'agissait vraiment plus maintenant des danseuses et leur sécurité, prétexte derrière lequel tous deux se cachaient, mais d'eux deux, Gasparo Marchesi et Hyacinthe Emery. Une guerre d'égo faisant rage intérieurement, tant tous deux se contenaient tant bien que mal et s'efforçaient à maintenir une apparente cordialité - ou du moins, un semblant de sang froid.

« Vos tisanes et vos grigris font peut-être des miracles sur les foulures, les bleus et les migraines… mais ne croyez pas une seule seconde qu’ils puissent quoi que ce soit contre les vrais dangers auxquels sont exposées les filles ici, et contre lesquels je fais ma part. » Le dédain dont Marchesi faisait preuve à son égard transpirait dans le moindre de ses mots, savamment choisis. Une chose était certaine : cet homme-là savait parler. Et peut-être, en effet, que cela en faisait une arme contre laquelle nul ne pouvait lutter. Hyacinthe pouvait néanmoins sentir l'impatience poindre dans son ton sec, comme si, en sourdine, il se répétait qu'il avait bien mieux à faire que débattre avec elle, une femme noire, intruse dans ce monde dans lequel il se pavanait comme un roi. « D’ailleurs, ne croyez pas non plus que vos…
potions vous protègent vous aussi contre les dangers qui pourraient croiser votre route. »

Hyacinthe fronça les sourcils et s'approcha sensiblement du visage de Gasparo, qui la dépassait d'une bonne dizaine de centimètres. Elle planta ses yeux dans les siens. « Vous devriez faire attention, M. Marchesi. Vous ignorez tout de ce que mes
potions peuvent faire. » Elle prit une longue respiration, sachant que ses paroles équivalaient là à une déclaration de guerre, dont la paix n'était pas prête d'être entérinée. Elle ne se tut pas pour autant. « Je pense que vous êtes très sûr de vous, n'est-ce pas ? Vous devriez regarder un peu autour de vous avant de jouer les donneurs de leçons. Tout n'est pas tout rose dans votre petit paradis, mais vous êtes bien trop égoïste pour vous en apercevoir. » Hyacinthe avait fini de cracher son venin, sans que l'un ou l'autre n'aient cillé. Elle n'attendait qu'une chose : le faire sortir de ses gonds, et offrir à toute son audience le spectacle de sa vraie nature. Mais il restait excessivement contrôlé ; il fallait admettre que son rôle de chef de la sécurité lui convenait à merveille.

Hyacinthe recula d'un pas, sans doute par excès de prudence, car il ne semblait pas homme à lever la main sur une femme. « Vous devriez venir me voir à l'atelier, je suis certaine que j'aurais une de ces "potions" que vous craignez tant pour vous détendre quelque peu. » Finit-elle par lâcher, sourire satisfait à peine caché au coin des lèvres.

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MessageSujet: Re: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Dim 2 Sep - 0:56

« Je pense que vous êtes très sûr de vous, n'est-ce pas ? Vous devriez regarder un peu autour de vous avant de jouer les donneurs de leçons. Tout n'est pas tout rose dans votre petit paradis, mais vous êtes bien trop égoïste pour vous en apercevoir. » La jeune femme avait prononcé ces mots avec beaucoup d’assurance, n’hésitant pas à s’approcher du visage de Sparo pour lui asséner des menaces dont il n’avait que faire. Il soutenait le regard de Hyacinthe, leurs iris sombres verrouillées, face à face, dans ce duel d’ego. S’il trouvait son excès de confiance détestable et inconscient, il devait bien admettre que son culot l’intriguait ; en temps que femme noire, elle était particulièrement vulnérable, mais ne semblait pas en avoir conscience… ou refusait sciemment de l’être.

Le dialogue semblait sans issue. Pas tout rose? Son petit paradis? Miss Emery ne devait pas sortir souvent de son antre de sorcière pour dire à voix haute des énormités pareilles. Aussi loin qu’il se souvienne, Gasparo avait toujours côtoyé la violence, ici : cela avait commencé au lendemain de son arrivée en ville, lorsqu’il avait découvert, du haut de ses 12 ans, un homme avec une balle logée entre les deux yeux dans le salon de son oncle. Et ça n’avait pas cessé depuis. De quel paradis cette femme pouvait-elle bien parler? Qu’imaginait-elle? Comment osait-elle prétendre protéger ces femmes alors qu’elle ne comprenait rien à l’univers dans lequel elles évoluaient? Toutes ces questions s’entrechoquaient dans la tête de Sparo, qui se contenta d’adresser à Hyacinthe un rictus moqueur. Il lui aurait bien recommandé de sortir plus souvent de son trou, avant d’accuser les autres de vivre avec des oeillères, mais elle ne lui en laissa pas la possibilité. Elle recula soudainement, son regard, intriguant, échappant à celui de Sparo. Satisfait de sentir son interlocutrice battre en retrait - et ignorant ce léger sentiment de déception qui semblait poindre en lui, il sortit de sa poche une cigarette, qu’il pinça entre ses lèvres. « Vous devriez venir me voir à l'atelier, je suis certaine que j'aurais une de ces "potions" que vous craignez tant pour vous détendre quelque peu. » Son briquet resta en suspend, quelques secondes. Il tentait de déceler chez Hyacinthe si ses derniers mots étaient de la pure provocation, ou une véritable invitation. Le sourire en coin et l’air satisfait de celle-ci ne faisait qu’ajouter à la confusion passagère de Gasparo. Il alluma sa cigarette et tira dessus, et fit à son tour un pas en avant, baissant les yeux vers son interlocutrice, l’air narquois. Tournant légèrement la tête sans quitter son regard, Sparo exhala son tabac, une partie atteignant le visage de Hyacinthe, qui, il le sentait, faisait un effort surhumain pour ne pas grimacer.

« Vous semblez bien pressée de me faire visiter votre atelier… Je vous recommanderais plutôt d’en sortir plus régulièrement, ça vous ferait du bien. » La jeune femme ouvrit la bouche pour rétorquer, mais cette fois, c’est lui qui la coupa dans son élan. « …Histoire de voir à quoi ressemble véritablement mon paradis, comme vous dites. » Il reprit une bouffée de tabac, puis lâcha, avec un rire jaune : « Vous allez déchanter. »

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MessageSujet: Re: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Lun 3 Sep - 14:40

Le duel continue, alors que les visages des deux protagonistes semblent plus fermés que jamais. Marchesi approche un briquet de son visage pour allumer sa cigarette - et si Hyacinthe en répugne l'odeur, elle ne peut que remarquer la lumière, fugace, qui éclaire alors son visage à la lueur de la flamme. Les ombres de ses traits se dessinent, plus précises, lui donnant un air inquiétant. Désormais à plus d'un mètre l'un de l'autre, leurs regards n'en finissent plus de se lancer des éclairs. La pièce est vide, et Gasparo ne semble pas prêt à reconnaître ses torts (incontestables, pourtant, à en croire Hyacinthe).

Il fume nonchalamment, répliquant, sur le même ton stoïque :
« Vous semblez bien pressée de me faire visiter votre atelier… Je vous recommanderais plutôt d’en sortir plus régulièrement, ça vous ferait du bien. » Hyacinthe s'apprête à répliquer, mais il continue, sans même hausser la voix, alors qu'elle, elle n'a qu'une envie : quitter les lieux en l'accablant de noms d'oiseau. Mais elle ne peut rien dire, rien faire, car malgré tout, ils sont contraints à se fréquenter. Pour le bien des filles, se dit Hyacinthe. Elle ne peut les mettre en difficulté auprès de cet homme qu'elles côtoient quotidiennement. Au fond, elle sait bien que c'est surtout une histoire d'egos ; mais toutes les excuses du monde, plutôt que de le reconnaître.

« …Histoire de voir à quoi ressemble véritablement mon paradis, comme vous dites. Vous allez déchanter. » Hyacinthe soupire, non pas à court de réponses, mais lasse de ces piques terribles dont tous deux se contentent depuis le début de la conversation. A travers ses propos, elle sent - à tort peut-être - comme une tentative d'apaisement, passant par la reconnaissance des vices de son monde. Ses traits se relâchent quelque peu ; intriguée avant tout par la réplique de l'homme qui lui fait face. Par l'homme en question peut-être aussi, plus lucide qu'elle ne l'a cru sur la situation.

« Je m'en passerai, merci. J'en entends suffisamment sur cet endroit pour ne pas vouloir en faire l'expérience. » Elle croise ses bras sur sa poitrine, avant de poursuivre. « Si cet endroit ne vous plaît pas... Pourquoi rester ? Pourquoi cautionner ? Je ne comprends pas. »
Entière, radicale, têtue, autant de mots qui caractérisent la façon qu'a Hyacinthe d'appréhender la vie. Sans compromis.


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MessageSujet: Re: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Lun 10 Sep - 22:27

A cette heure-ci, la salle aurait du être vide : la présence de Hyacinthe et de Gasparo avait quelque chose d’intrusive. Ils empêchaient l’agitation des préparatifs de retomber, alors que la poussière des lourds rideaux de velours ne demandaient qu’à venir enfin de se déposer sur les planches cirées de la scène. S’il était dépeuplé, le club gardait pourtant quelque chose de son atmosphère si caractéristique : on pouvait presque sentir les tapisseries vibrer des notes de jazz qu’elles absorbaient ; les verres prêts à tinter et le plancher sur le point de craquer sous les talons encanaillés. Calfeutré et aveugle, le Body & Soul était éclairé par des centaines de lustres, appliques et lampadaires choisis avec soin et goût par la prioritaire. La lumière qui transparaissait derrière les motifs floraux en bronze et en fer forgé était la même du matin au soir et du soir du matin. Gasparo aurait très bien pu détailler la jeune femme face à lui à la tombée de la nuit ou au milieu de l’après-midi. Le temps semblait bien peu de chose, ici. Une femme avec qui il avait passé quelques nuits (ou était-ce des matinées?) lui avait dit que ça ne pouvait pas être bon pour qui que ce soit, de vivre comme ça, coupé du soleil et du reste du monde. Elle avait sans doute raison.

« Je m'en passerai, merci. J'en entends suffisamment sur cet endroit pour ne pas vouloir en faire l'expérience. » Il réprima un sourire en laissant échapper un nouveau nuage de fumée blanche vers le plafond. Il y avait quelque chose de rafraîchissant dans le dégoût apparent de Hyacinthe. L’homme était constamment entouré de femmes semblables à des papillons de nuits, attirées par les lumières, les cuivres et les verres en cristal du speakeasy. Son travail à plein-temps ne lui laissait guère le loisir d’aller à la rencontre des gens qui, au dehors, auraient pu mépriser son lieu de travail. La jeune femme poursuivit : « Si cet endroit ne vous plaît pas… Pourquoi rester ? Pourquoi cautionner ? Je ne comprends pas. »

Gasparo fit quelques pas vers le bars. Parce que cette conversation commençait à lui faire perdre patience, parce qu’il avait la gorge sèche et aussi un peu parce que ça lui donnait une contenance, il attrapa une bouteille de whisky écossais d’une main et un verre qui trainait de l’autre. « Vous semblez croire que chacun est totalement libre de mener sa vie comme il le souhaite… »  lança-t-il distraitement, la cigarette toujours pincée entre ses lèvres, en se servant un verre du liquide mordoré. « … que notre situation n’est que le résultat de notre propre libre arbitre. » Son détachement était feint : il était curieux de savoir jusqu’où allait la naïveté de la demoiselle. Calculateur, il ajouta, dans un demi-sourire, en désignant la bouteille : « Je suppose que vous ne buvez pas? »

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MessageSujet: Re: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Mar 18 Sep - 11:51

Les rares rayons lumineux qui percent à travers la pièce la baignent d'une langueur moite, le temps semblant s'y arrêter, déposant la lueur jaune sur la fumée de la cigarette de Gasparo, s'élevant jusqu'au plafond en lentes volutes. L'endroit aurait presque pu être agréable, et Hyacinthe ne peut pleinement nier son attirance ; on a envie de s'y plonger, d'y passer des nuits entières, et enfin s'oublier. Mais elle sait, mieux que personne peut-être, ce que cache ce décor fastueux. Elle le voit sur les filles qui lui rendent visite, tous les jours, une par une. Elle soigne leurs maux de ses onguents et les déleste du fardeau de grossesses qu'elles ne peuvent porter, quand bien même elles le voudraient. Tout ça, Hyacinthe le sait, pour le plaisir de quelques uns, aux porte-feuilles bien plus vertueux que leurs âmes souillées.

Gasparo se dirige vers le bar, séparant enfin son regard de celui d'Hyacinthe, qui le suit des yeux. Elle ne bouge pas, tandis qu'il se sert un verre de liquide ambré. « Vous semblez croire que chacun est totalement libre de mener sa vie comme il le souhaite, que notre situation n’est que le résultat de notre propre libre arbitre. » Hyacinthe acquiesce, incapable d'imaginer qu'il en soit autrement, ou en tous cas, certainement pas pour lui. Les femmes qu'elle voit défiler, elles, n'ont pas eu le choix ; nées au mauvais endroit, au mauvais moment. De ce qu'elle sait de Marchesi, il n'a été affligé d'aucune peine. Bien né, issu d'une famille bourgeoise et avant tout, homme blanc dans un pays qui ne reconnaît qu'eux. Elle hausse les épaules, comme s'il s'agissait là d'une évidence.

« Je suppose que vous ne buvez pas? » Hyacinthe ne peut réprimer un sourire en coin face à cette énonciation. « Monsieur Marchesi, je dois reconnaître une chose : vous supposez bien. Je prendrai un verre d'eau. » dit-elle en s'approchant à son tour du bar. Les voilà face l'un à l'autre, alors que les effluves de whisky issues du verre de Gasparo parviennent doucement jusqu'aux narines d'Hyacinthe.

« Je ne sais pas si nous pourrons être d'accord un jour, » elle commence, toujours le même sourire - sincère - dessiné sur le visage, « mais pour le bien de toutes, peut-être devrions-nous essayer de travailler ensemble. » Elle lui tend son verre rempli d'eau claire, invitation à trinquer en l'honneur de cette nouvelle résolution.

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MessageSujet: Re: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Sam 22 Sep - 19:15

Droite et fière, Hyacinthe acquiesça avec assurance à son hypothèse. Il n’arrivait pas à savoir si sa réaction était le résultat d’un excès de confiance ou la preuve d’une naïveté inquiétante. Alors qu’il portait une nouvelle fois la boisson à ses lèvres, il la toisa au-dessus de son verre. L’objet masquait sans doute son demi-sourire, un brin suffisant, mais ses yeux sombres le trahissaient probablement, habités d’une lueur de malice. La jeune femme avait pris l’exacte direction qu’il espérait qu’elle emprunte. Gasparo n’avait jamais trouvé de plaisir particulier à manipuler les gens, à leur faire dire ce qu’ils n’avaient pas dit - ce n’était pas faute d’être entouré depuis son enfance de personnes qui maitrisaient cet art. Il y avait pourtant quelque chose de satisfaisant à se sentir maître d’une conversation, comme si l’on avait connaissance d’un secret dont son interlocuteur ignorait tout.

Comment une femme, jeune, noire, célibataire, visiblement issue des classes populaires, pouvait-elle avoir de pareilles croyances? Le plus jeune du clan Marchesi avait appris très tôt qu’il allait devoir subir une grande partie de son existence pour la simple et bonne raison qu’il venait d’ailleurs. Et pas de n’importe où : d’Italie. Seuls les Irlandais et les Polonais pouvaient comprendre ce que ça faisait de vivre aux Etats-Unis sans jamais s’y sentir vraiment chez soi. Les Noirs, c’était encore toute autre chose. Et ne parlons même pas des femmes, qui portaient un fardeau supplémentaire au sein de chacun de ses groupes distinctement méprisés.

Pas plus tard qu’hier, Gasparo avait essuyé sans plus de cérémonie un crachat sur sa chaussure qui avait accompagné une insulte, au détour d’une rue. L’injure - qui devait avoir un rapport avec sa religion ou les spaghettis comme à l’accoutumée, ou la mafia pour les plus ignorants - n’avait trouvé aucune prise sur un homme qui avait déjà entendu bien pire. Et encore, il était conscient que son patronyme, s’il attisait la haine de beaucoup, tenait à distance la majorité. Il fallait être inconscient, ivre ou suicidaire pour se frotter à un Marchesi. Ce nom de famille ne suffisait pourtant pas à faire oublier son teint plus chaud que le WASP moyen, ses yeux sombres, ses cheveux noirs de jais et son accent plein d’élan. Plus jeune, il se souvenait d’avoir entendu un ami de son oncle, un intellectuel immigré lui aussi de Palerme, parler d’« anti-italinisme ». Le terme semblait complexe à l’adolescent qu’il était, mais la réalité qu’il recouvrait lui était déjà tristement familière. A la Nouvelle-Orléans encore plus qu’ailleurs. Après tout, le lynchage de 1881 était encore très frais dans beaucoup d’esprits. Sa tante, qui n’avait jamais cessé de vouloir quitter la ville, le répétait depuis leur arrivée en Louisiane : « Comment voulez-vous que je trouve la paix dans une ville qui a assassiné onze des nôtres aussi violemment? » L’évènement avait été élevé au rang de mythe pour la communauté italienne, alimentant l’esprit de vengeance et le récit familial des Marchesi.

Il lui aurait bien expliqué tout ça d’une voix sifflante, à la petite Miss Emery, sûre d’elle du haut de son mètre soixante. Qu’on ne choisit pas d’où on vient, qui on est, et que par conséquent on ne peut pas toujours choisi où l’on va et qui l’on devient. Mais au fond de la salle, Jackson apparu soudainement dans l’encadrement de la porte, poussant du pied un empilement de caisses en bois. Il savait pourtant que cela abîmait le parquet - et il est déjà parvenu à casser plusieurs précieuses bouteilles de cette façon. L’attention de Sparo se détourna de la demoiselle alors qu’elle lançait : « Monsieur Marchesi, je dois reconnaître une chose : vous supposez bien. Je prendrai un verre d'eau. » Machinalement, il s’avança vers le bar, animé par ses réflexes d’ancien barman, tout en gardant un regard inquisiteur son collègue. Rares étaient les clients qui demandaient un verre d’eau entre ces murs, il fallait bien l’admettre. « Je ne sais pas si nous pourrons être d'accord un jour, » il attrapa un verre à Cosmopolitain, prêtant une oreille à présent plus distraite à la jeune femme « mais pour le bien de toutes, peut-être devrions-nous essayer de travailler ensemble. » A nouveau, il se demanda : cette femme est-elle une manipulatrice ou d’une naïveté extrême? Il fronça les sourcils, quelque peu désarçonné par cette offre de paix.

La pile de caisses de Jackson commençait dangereusement à tanguer. Il soupira, puis posa le verre à cocktail rempli d’une eau claire sur le bar. Ses yeux rencontrèrent à nouveau ceux de Hyacinthe et il répondit d’un ton pressé : « Miss Emery, je ne travaille qu’avec des gens en qui j’ai confiance. » Il fit tomber une olive dans son verre, lui adressa un dernier sourire poli et tourna les talons vers le fond du bar à la rencontre du jeune employé maladroit.

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MessageSujet: Re: like oil and vinegar ~ hyacinthe   Lun 29 Oct - 11:19

Hyacinthe regarde Gasparo Marchesi s'éloigner en direction du jeune serveur qui vient faire d'irruption dans la pièce. Un sourire se dessine sur son visage ; sans raison apparente, pourtant, au vu de la nature de leur échange. Mais Hyacinthe se satisfait de cette brève entrevue, première réelle conversation avec cette homme dont les filles du club lui ont tant parlé. Il est certain qu'il ne correspond en aucun point à l'image mentale qu'elle s'était dessinée. Un homme droit, elle doit le reconnaître. Un peu trop figé dans des principes qu'elle aurait qualifié d'archaïques, persuadé de connaître le monde et la société et de s'en jouer. Il se pense certainement un excellent joueur d'échecs, qui maîtrise les arcanes et domine la partie.

« Miss Emery, je ne travaille qu’avec des gens en qui j’ai confiance. » Hyacinthe plante son regard sombre dans les yeux tout aussi noirs de son interlocuteur, sans se départir de son sourire satisfait.
« Il en va de même pour moi, my dear. » Un surnom affectueux en forme de provocation, à laquelle Hyacinthe prédit qu'il réagira par un roulement d'yeux excédé. « Mon invitation tient toujours, passez à mon atelier pour faire connaissance. A vous de décider si je suis digne de quelqu'un comme vous. » Finit-elle d'expliquer, non sans une ironie perceptible, avant de faire volte-face pour regagner ses quartiers, laissant Marchesi à ses affaires.

(THE END)

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